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La filière bio se sent abandonnée par le gouvernement et les syndicats

Publié le 2 février 2024
La filière bio se sent abandonnée par le gouvernement et les syndicats

Alors que le premier ministre Gabriel Attal, a dévoilé jeudi 1er février une salve de diverses mesures visant à apporter des réponses à la mobilisation des agriculteurs, et que les barrages de ces derniers sont en train d’être levés, la filière de l’agriculture biologique ne cache pas sa déception quant à la solution qui lui a été proposée. Pour rappel, lors d’un déplacement dans une exploitation de Haute-Garonne, le 26 janvier dernier, le premier ministre a annoncé une aide d’urgence destinée à soutenir l’agriculture biologique pour un montant de 50 millions d’euros. Depuis, rien de plus n’a été envisagé par le premier ministre, ni même par son ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau.

Pour la fédération nationale d’agriculture biologique, « le Premier Ministre a à nouveau montré son désintérêt pour la situation des fermes bio », a-t-elle fait savoir par voie de communiqué de presse. « Aujourd’hui on représente 16% des fermes, ce n’est pas rien, on s’attendait quand même à une annonce complémentaire hier soir, le moins qu’on puisse dire c’est que nous sommes déçus » explique Philippe Camburet, président de la Fnab. D’autant que les filières biologiques ont estimé les pertes depuis deux ans, à 550 millions d’euros.

La fédération rappelle en outre que les parlementaires, à l’initiative de Sandrine Le Feur (députée Renaissance du Finistère et agricultrice engagée en bio), 46 députés issus de 7 groupes politiques différents sont parvenus au mois de novembre, à faire adopter un amendement transpartisan réclamant une aide d’urgence de 271 millions d’euros afin de soutenir la filière bio, finalement retoquée par le Gouvernement, et subséquemment, réclame de nouveau cette somme : « Les parlementaires ont voté, tout groupe politique républicain confondu, en faveur d’un soutien à hauteur de 271 millions d’euros, c’est ce qui est nécessaire pour soutenir la bio, pas un centime de moins », commente Philippe Camburet. En outre, la Fnab s’émeut de constater l’appel des syndicats à mettre fin aux mobilisations, « alors que les bios ont été méprisés dans ces annonces », indiquant que cela « interroge les agriculteurs biologiques sur la place qu’occupe aujourd’hui la bio dans les préoccupations syndicales ».

Enfin, le syndicat des agriculteurs biologiques exprime sa « désillusion » face à la mise en pause du plan Ecophyto, voulue par Gabriel Attal et réclamée par la FNSEA, « ce plan on l’attendait depuis longtemps notamment parce qu’il devait apporter des réponses à des producteurs qui aujourd’hui sont contaminés par les herbicides de leurs voisins sans être indemnisés », explique Philippe Camburet. Et d’ajouter que « pour la première fois dans l’histoire d’Ecophyto, le nouveau plan prévoyait une ligne dédiée au soutien au développement des filières bio ».

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François Deschamps
Rédacteur en chef de Plan Bio
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