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GMS : Le marché des alternatives végétales, condamné à stagner voir à régresser ?

Mis à jour le 2 mai 2022
GMS : Le marché des alternatives végétales, condamné à stagner voir à régresser ?

Bjorg, Nutrition&Santé ou encore Triballat Noyal… depuis quelques années, en GMS, les pionniers des alternatives végétales en France doivent composer avec une foultitude de nouveaux entrants, parmi lesquels de grands industriels, tels que Nestlé (Le Bon Végétal) mais aussi des startups comme Les Nouveaux Fermiers ou Jay & Joy ainsi que des sociétés étrangères comme l’Américain Beyond Meat. Et c’est sans compter sur l’offre en MDD qui a parallèlement explosé.

« En l’espace de quatre ans, le Bon Végétal (Nestlé) s’est imposé sur le segment du traiteur végétal tandis que Bjorg a cédé 28 points de parts de marché dans les boissons en huit ans », note Xerfi Precepta, qui vient de publier une étude intitulée : Les opportunités stratégiques des acteurs de l’alimentation végétarienne et végane – Perspectives du marché français et mondial des alternatives végétales à l’horizon 2025.

Un marché sur le déclin en 2025

Depuis 2016, le marché français des alternatives végétales a connu une belle progression, qui a de fait, attiré de nouveaux acteurs, et confortés les acteurs historiques dans leurs choix initiaux. Néanmoins, comme le relève Xerfi, sur ce marché des alternatives végétales, les ventes cumulées des trois segments phares (boissons végétales, desserts végétaux et traiteur végétal) n’ont ainsi augmenté que de 8,7% en France l’an dernier à environ 356 millions d’euros en GMS.

« Et après un pic à 400 millions d’euros en 2022, le marché tricolore des alternatives végétales devrait tomber à 394 millions en 2025 », estime Xerfi Precepta. En effet, après une année record en 2018, les lancements de produits ont sérieusement ralenti en 2019 et 2020. De plus, l’heure est à la rationalisation de l’offre autour de quelques grandes marques. Cela s’illustre notamment par le désengagement de certaines grandes marques comme VeggissiMmm ! de Bonduelle, Côté Végétal de Fleury Michon ou Mes Petits Plaisirs Soja de Saint-Hubert, « à la fois signe et cause du ralentissement ».

De l’importance d’ouvrir plus largement la cible de consommateurs

Selon Xerfi, les industriels du marché des substituts aux protéines animales ont six grands défis stratégiques à relever. D’abord, il conviendrait d’élargir le socle de consommateurs aux flexitariens (plus de 10 millions de personnes). En effet, le nombre d’adeptes des régimes sans viande (végétariens, végans, pescetariens…) devrait rester marginal (2% de la population française), alors que le taux de ré-achat de alternatives végétales demeure plutôt modeste.

Aussi, les industriels devraient être capables de rassurer sur la composition des produits, mais aussi de profiter d’un marché encore ouvert pour asseoir leurs positions, tout en améliorant la compétitivité prix des produits et anticiper la concurrence des viandes cultivées. Enfin, dernier défi : intégrer les circuits de la RHF. Mais si sur ce dernier point la course du végétal semble engagée en Europe, il semble difficile de parler d’emballement en France où les grandes chaînes de restauration rapide, telles que Burger King, Mc Donald’s ou KFC, jugent la demande trop faible.

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François Deschamps
Rédacteur en chef de Plan Bio
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